La Slovénie, tout étant un des plus petits pays d'Europe, a
un territoire extrêmement varié, qui fait d'elle une Europe en miniature :
plages, montagnes, vignobles, réseaux de grottes, forêts denses, terres
calcaires et arides ou torrents turquoise. Au mois de mai, on peut ainsi skier
le matin dans les Alpes et se jeter en fin d'après-midi dans les eaux (encore
fraîches) de l'Adriatique.
SITUATION GÉOGRAPHIQUE DU PAYS
La Slovénie est un pays de 20 256 km² (c’est plus petit que
la Bretagne) à l'est de l'arc alpin. Point de rencontre entre les Balkans,
l'Europe centrale et l'Europe de l'Ouest, elle partage ses frontières avec la
Croatie au Sud et à l'Est (546 km), la Hongrie au Nord-Est (102 km), l'Autriche
au Nord (324 km) et l'Italie à l'Ouest (235 km). Elle possède également un
accès à la mer Adriatique sur une bande littorale d'une cinquantaine de
kilomètres de large, entre l'Italie et la Croatie.
Le débat est récurrent pour savoir si la Slovénie appartient
ou non aux Balkans. Les Balkans (« montagne » en turc) sont limités au Nord par
la rivière Sava qui naît au lac de Bohinj dans les Alpes slovènes et continue
sa route vers la Croatie. Ljubljana et le sud de la Slovénie font donc
géographiquement partie des Balkans, voila qui est dit !
Pourtant, un Slovène se ferait un plaisir de vous démontrer
que son pays n'a absolument rien à voir avec ses voisins du Sud... ce qui est
en partie vrai (la Slovénie a toujours été très orientée vers le centre et
l'ouest de l'Europe), mais qui est discutable quand on mesure les liens
économiques, culturels ou linguistiques entre la Slovénie et les républiques de
l'ex-Yougoslavie.
LES GRANDES RÉGIONS
Les Slovènes s'accordent en général pour diviser leur pays
couvert de forêts (60 % du territoire), donc très vert et relativement vallonné
en grandes régions ayant chacune ses caractéristiques :
- La Primorska (« près de la mer »), à l’ouest du pays, le
long de la frontière avec l’Italie, a pour villes principales Nova Gorica et
Koper. Sur les derniers versants des Alpes, au Nord, coulent de nombreux
torrents et rivières, notamment la Soča, dont la couleur bleu turquoise a donné
à sa vallée le nom de « Route d’Émeraude ». Le relief s’aplanit ensuite
lentement avant d’atteindre la mer Adriatique (environ 50 km de côtes). C’est
dans cette région que se situe la majeure partie du Karst, une zone de plateaux
formés par la dissolution du calcaire sous l’action de l’eau et qui renferme en
son sein un gigantesque réseau de grottes et tunnels souterrains. La vigne qui
pousse sur ce sol produit un vin au goût très spécifique, le Teran.
- La Gorenjska (Haute Carniole), au nord de la capitale, est
la région alpine, la plus montagneuse de Slovénie. On peut y admirer le Mont
Triglav (2864 m, le Mont Blanc slovène) et des lacs glaciaires, dont celui de
Bled qui renferme en son cœur la seule île naturelle de Slovénie. La capitale
régionale est Kranj.
- La Notranjska (Carniole intérieure) au sud-ouest de
Ljubljana est une zone de forêts et plateaux calcaires. Une des particularités
naturelles est le lac de Cerknica, d’une superficie de 26 km², qui disparaît
l’été pour laisser la place à des champs cultivés ! Ce lac est en fait un
récipient pour les eaux coulant des montagnes avant de s’infiltrer dans le
sous-sol calcaire. Mais en période de fortes pluies, les sols gorgés d’eaux
font rejaillir le surplus, formant ainsi un lac.
- La Dolenjska (Carniole inférieure), au sud-est de
Ljubljana, est surtout connue pour ses collines et sa végétation originelle
intacte qui couvre son territoire. C’est, avec la Notranjska, une des zones de
prédilection des 500 ours bruns qui vivent encore en Slovénie. C’est également
la région de production du Cvicek,un vin rouge presque rosé, très peu
alcoolisé, agréable à boire en été.
- La Štajerska (Styrie) s’étend du nord-est de Ljubljana à
la Croatie. Région de montagnes, de vallées (dont celle de la rivière Savinja)
et de vignobles, elle abrite les deuxième et troisième villes slovènes :
Maribor et Celje. La richesse des sols de la région a donné naissance à des
sources, utilisées dans différents établissements thermaux.
- La Koroška (Carinthie), au nord de la Stajerska, est une
zone très montagneuse assez difficile d’accès. Cette petite région encaissée
est le berceau historique de l’ancien duché de Karantanie, le premier État
slovène, fondé au VIIe siècle sur un territoire englobant une large partie du
sud de l’Autriche actuelle (Kaernten, où vit la minorité slovène d’Autriche).
- Le Prekmurje (« au-delà de la Mura ») se situe à l’extrême
nord-est du pays, à la frontière avec la Hongrie. Cette grande plaine, qui a
pour capitale Murska Sobota, est celle dont le climat est le plus continental
(hivers rudes et étés étouffants) et l’économie la moins développée.
- Ljubljana est entourée de montagnes à l’Ouest, à l’Est et
au Sud-Est, et de marécages au Sud. Située quasiment au centre du pays, elle
est traversée par la Ljubljanica, un des affluents de la Sava, qui se jette
elle-même ensuite dans le Danube.
CLIMAT
Trois types de climats se mélangent et alternent : alpin (au
Nord), continental (à l’Est) et méditerranéen (à l’Ouest et au Sud).
Les températures varient beaucoup au cours de l’année. À
Ljubljana, la température peut passer de - 15 ° en hiver à plus de 35 °C en été
!
La neige tombe de novembre à mars sur une grande partie du
pays, mais peut aussi tomber sur les sommets alpins en mai ou même en juillet !
Les précipitations ont un maximum en octobre, et un minimum
en mars. À noter : avril est souvent un mois pluvieux (après un mois de mars
souvent agréable). À prendre en compte en planifiant votre visite !
UNE GRANDE BIODIVERSITÉ
Des espèces animales variées coexistent dans les forêts :
loups, lynx, gros gibier, rapaces, mais aussi lipizanner (cheval blanc très
recherché pour le dressage et qui fait l’objet d’une dispute historique avec
les Autrichiens) et proteus anguinus (homme-poisson qui vit dans le réseau des
grottes karstiques au Sud).
Plus de 500 ours vivent dans les forets slovènes.
Régulièrement, l’État, qui a mis en place un système de quotas, en abat ou en
exporte quelques-uns (deux ours furent ainsi réintroduits dans les Pyrénées
françaises en 1996) afin d’éviter que leur population ne devienne trop
nombreuse.